07/04/2016

4 ans, battu, noyé et sauvé...

"Aïe, aïe, aïe".... "Prends ça, sale voleur" et vlan, vlan... Toute occasion est valable pour me frapper... Je n'ai pourtant pas volé, je vous promets ! Mon oncle, qui m'a en charge, ne m'aime guère, semble-t-il ! Papa m' a confié à son frère, il est parti chercher du travail, et une vie meilleure en Angola. Mais il ne donne plus de nouvelles. C'est loin l'Angola. Il est peut-être sur le chemin du retour ? Quant à maman, je ne sais pas ce qu'elle est devenue, ni où elle peut se trouver... Peut-être est-elle partie avec lui, ... ou morte... Je ne sais pas, on ne m'a rien dit. Je suis trop petit pour tout comprendre. Mais même si jeune, je sens bien que je dérange, et mon oncle trouve tous les prétextes pour me battre. Jusqu’à ce jour de décembre, où il m'a emmené. "Chouette, mon oncle m'emmène en balade sur sa moto." ai-je pensé, tout joyeux, tout excité ! Je grimpe sur l'engin confiant et enthousiaste. De plus, dans trois jours, c'est Noël ! Dans cette ambiance festive, j'ai de quoi m'attendre à ce que mon oncle s'adoucisse et m'aime enfin un peu ! Nous roulons quelques kilomètres. Arrivés près du fleuve, l'oncle me prend dans ses bras... et rapidement, agilement, me jette à l'eau ! Je me débats, j'entends au loin la moto pétarader... Mon oncle vient de se débarrasser de moi définitivement ! Je me débats encore et encore, je bois plusieurs tasses...

Par miracle, je sens une racine, je l'attrape, je m'y accroche. Je tire sur mes petits bras, je gigote, et épuisé je parviens à me hisser sur un tas de bambous ! Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, accroupi, tout perdu, me demandant bien ce que j'allais faire à présent. Quand un autre miracle se produit : un piroguier passe par là ! Il m'aperçoit ! Quelle chance ! Le piroguier crie, s'approche, me rassure. « Ne bouge pas, j’arrive ! » Et arrivé à ma hauteur, il me tend la main. D’un bond, je me retrouve en sécurité dans sa pirogue, à ses côtés ! Le brave homme me demande ce que je fais là et après lui avoir raconté ma mésaventure, il m'emmène au poste de police.

Pendant plus de 8 jours, les policiers vont tenter de trouver mon oncle, de la famille, lancent des avis de recherche. En vain, personne ne vient me réclamer. A mon grand désespoir. Je suis trop jeune, je ne connais pas le nom de mes parents, seulement leurs prénoms. Je n'ai que 4 ans. Que vais-je devenir ? C'est alors que les policiers m'amènent chez le Juge. Eux non plus, ils ne savent pas que faire de moi après avoir mené toutes les investigations possibles. Mais le Juge sait, lui... Il appelle et on ne tarde pas à venir me chercher. On m'emmène à nouveau, je suis tout tremblant, tout inquiet... J'arrive dans une maison, appelée Simba Mosala ! Il y a beaucoup d'autres enfants ! Ils m'entourent tous, me questionnent, je me détends et je souris ! Je raconte une fois de plus mon histoire et tous les enfants ont ri et m'ont rebaptisé.

Dès ce jour de janvier 2016, une nouvelle vie a commencé pour moi, je m'appelle Moïse et tout va bien. Je n'ai que 4 ans, mais il me tarde d'aller à l'école comme les autres enfants ! Je sais que c’est possible, les autres enfants m’ont expliqué que très loin, sur un autre continent, des personnes de bonne volonté, au grand cœur permettent que notre maison existe ! Même si mes parents me manquent, je suis heureux ici, j'ai beaucoup de frères et sœurs, personne ne me frappe plus, je me sens enfin aimé et bientôt j’irai à l’école !!! »

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12:15 Écrit par "Simba mosala" "Mets-toi au travail" en lingala | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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