24/10/2016

Simba Mosala, dix ans !

Lysiane Preud'homme, Présidente et fondatrice de Simba Mosala :

Simba Mosala, dix ans!

Moi qui cherche toujours mes mots! Que dire!!! Quelle soirée, que d'émotion, que de remerciements à lancer!

D'abord à la commune de Courcelles qui nous a reçus, qui a pris la peine de nous écouter, de découvrir notre association et nous a autorisés à organiser cette expo photos, ces concerts au Centre Culturel. Quelle surprise et quelle émotion devant leur discours avant la soirée, j'en pleurais! Jamais des autorités ne nous ont autant pris au sérieux, n'ont accordé autant d'attention et d'intérêt à la situation terrible que vivent les enfants de la rue dont nous nous occupons!

Au Centre Culturel et toute leur équipe! Que dire de tant de gentillesse, de soutien, de leur organisation, tout était plus que parfait. Les chanteurs congolais, les Souls Riders, tous venus enchanter notre soirée bénévolement, pour fêter nos dix ans et soutenir l'asso! Ils ont mis le feu, quelle ambiance! A Liliane qui a été mes jambes et a aidé Vincent à installer toute l'expo. A Maman Marie-Jeanne qui a cuisiné beignets, poulet, bananes plantain! Merci à tous les participants, tous les nombreux amis venus à ce rendez-vous.

Ce n'est pas fini... L'expo dure toute la semaine, vous pouvez toujours passer. Dix classes de 5e et 6e primaire ont également répondu à l'invitation du Centre Culturel et vont venir la semaine prochaine, nous serons là pour répondre à toutes leurs questions.

Je n'ai qu'un regret : ne pas avoir de bagou! Ne pas saisir les occasions offertes! Comme lorsqu'un journaliste est passé, ou lorsque la bourgmestre, Mme Taquin m'a tendu le micro... Pas de bagou, trop timide, trop humble??? quelle erreur!

Lorsqu'on parle d'enfants de la rue, pour beaucoup cela reste des mots... Des mots qui effleurent nos pensées, un instant, trop court. Des photos, que l'on regarde, qu'on oublie, elles glissent souvent sur nos consciences... Se rend-on vraiment compte de ce que vivent ces enfants? Par expérience, je peux dire que c'est si difficile à imaginer!

Avant d'aller moi-même en RDC, dans les rues, vers ces enfants, je réalisais à peine. Pourtant, j'étais allée souvent dans les bidonvilles du Caire.

Quel dommage que je n'aie pas saisi le micro pour prendre un temps de parole, pour raconter un pays sans eau, sans courant, sans route, un pays abandonné à lui-même. Des familles en souffrance permanente. Peut-on réaliser ce que cachent les simples petits mots "enfants de la rue"?

Hier, nous fêtions en famille le baptême de ma petite-fille. Quelle journée de bonheur! La salle vibrait d'amour, j'observais tous mes enfants, mes petits-enfants... Pas un instant, ceux-ci n'étaient sans surveillance, sans le regard attentif d'un adulte. Tout respirait l'amour d'une grande famille, avec ses joies, ses peines, ses divergences, c'est normal, mais aussi et surtout toujours l'amour qui nous soude.

Mais vivre dans la rue, sans parents pour veiller sur vous, sans amour, sans attention, sans guide, sans repère... Sans scolarité... sans nourriture! Se battre pour survivre! Dormir la nuit souvent sous la pluie, dans la boue. Etre réveillés parce que la police vous bat, vous brûle les pieds, vous chasse, parce qu'une autre bande d'enfants de la rue vous torture, vous injecte de l'urine. Parce que la gale vous démange ou parce que la fièvre du palu vous glace et la faim vous tord l'estomac, vous attirent lentement vers la mort... etc etc...

Le jour voler, faire de petits boulots (balayer, porter des courses) ou se prostituer pour pouvoir s'offrir un peu de nourriture!

Les statistiques, j'adore les statistiques ;-(, estime qu'un enfant qui arrive dans la rue n'a qu'une chance sur deux de survivre pendant 4 ans, un enfant qui arrive dans la rue à 4 ans, n'a qu'une chance sur deux de voir ses 8 ans...

Etre arrêté par la police, se retrouver en prison! Y a-t-il pire que l'enfer de la rue? Oui certainement! La prison! Chez nous, à Kikwit, les prisonniers sont entre 4 murs! C'est tout! Pas de lits, pas de couvertures, pas de sanitaires. Un tonneau d'eau de pluie au milieu de la cour, où grouillent les moustiques... Et une fois semaine, un bol de riz.

Voilà un petit aperçu des enfants dont nous nous occupons! Ceux qui ont volé mon coeur, ceux pour qui je mendie chaque jour depuis dix ans.

Comment trouver les mots pour briser les carapaces de l'indifférence! Si toutes les personnes qui m'ont déjà dit : "C'est bien ce que vous faites" ouvraient leur coeur (leur porte -monnaie!), nous pourrions en aider bien plus!!! Ils sont nombreux encore dans la rue à nous supplier de les accueillir.

Donner un euro, 1 seul petit euro! Faire une domiciliation d'un euro par mois ne changera pas votre vie, la leur oui!

La commune de Courcelles nous ouvre de nouvelles portes, relance notre espoir car chaque année le nombre de donateurs diminue, alors que nos besoins ne font qu'augmenter! Le Tribunal de l'Enfance nous demandait encore de prendre 4 petits en charge la semaine dernière.

Le we du 7-8 janvier, un petit déjeuner équitable sera organisé et les bénéfices reversés à Simba Mosala! Nous y serons bien entendu présents, nous reviendrons en temps voulu sur cet événement.

Madame la bourgmestre et les échevins nous ont promis que notre collaboration ne s'arrêterait pas là! On leur fait confiance et on les remercie vivement! Je vous laisse découvrir en photos quelques instants de cet inoubliable anniversaire!

Expo 10 ans SM 21 oct 2016.jpg

 

12:23 Écrit par "Simba mosala" "Mets-toi au travail" en lingala | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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