03/07/2017

Heureux dénouement

Peut-être vous souvenez-vous ... B

"Je m'appelle B... J'ai environ 8 ans, je suis un shégué...

Je me suis sauvé de la maison où j'étais maltraité. Je n'avais que 5 ans. J'étais le petit esclave de ma mère. Un matin où elle m'avait réveillé très tôt pour aller puiser l'eau, je me suis sauvé. J'ai marché longtemps mais j'étais sûr que la vie serait moins dure dans la rue qu'à la maison!

Quand je suis arrivé en ville, tout de suite un groupe de jeunes m'a repéré. Je les ai suivis. Le chef du groupe, Président, s'occupait bien de moi, on avait à manger presque chaque jour. On lui remettait l'argent de nos vols, de nos mendicités et il le gérait, il soignait les malades, achetait de quoi manger avec le reste. On survivait, ensemble... Un jour, une dame a essayé de nous approcher. Elle nous a parlé, elle est revenue souvent. Elle était envoyée par le Tribunal et voulait nous convaincre d'aller dans un centre. Président a finalement accepté. Moi, je ne voulais pas!

Quand je suis arrivé dans cette maison, Simba Mosala, il y avait un couple de blancs. Je me souviens de la première question de la blanche. Etonnée, elle m'avait demandé: "Mais mon petit bonhomme, tu es si jeune, comment sais-tu que tu as passé trois ans dans la rue? Comment as-tu fait pour compter??"

Quelle ignorante! "J'ai compté les "bonnes années" bien sûr! c'est facile! "

"Et si on retrouve maman, tu veux bien rentrer à la maison?"

" Ah non!"

Je boudais! On nous a donné à manger, des vêtements, j'ai tout refusé. Le soir, je me suis sauvé. Mais les autres m'ont rattrapé et m'ont ramené de force!

Il a plu toute la nuit. Je pensais que je ne me laisserais pas enfermer! Je retrouverai ma liberté! Le lendemain matin, je boudais toujours.

Pas question qu'on me renvoie chez moi! Pas question qu'on m'enferme dans cette parcelle! Pendant que les autres déjeunaient, j'ai pris la poudre d'escampette!

Alertés par les cris, maman Lys et papa Vincent sortent! Les autres m'ont encore rattrapé, ils sont mes aînés, ils courent plus vite que moi! ils me ramènent de force, je hurle! je me débats. Ils me frappent, me donnent des coups de pieds, je me roule dans la boue en criant. Papa Vincent arrive en courant, il disperse tout le monde, il empêche mes frères de la rue de me frapper. Il ouvre la porte toute grande et me dit doucement : "B, tu n'es pas en prison ici, tu peux partir. Tu peux aussi rester, mais ce sera ton choix. La porte est ouverte, tu fais ce que tu veux. "

Je suis sorti, et je suis resté dans le coin de la porte à pleurer et gémir. Maman Lys n'oubliera jamais. C'était terrible, j'ai gémi pendant trois heures... Puis le silence... Elle se renseigne, croit que je suis parti. On lui répond : "Non, il est rentré, il est derrière la maison, près des cochons, il réfléchit."

Le lendemain, maman me tend un nouveau t-shirt. Je quitte mes haillons, je déjeune... Elle savait qu'elle avait gagné la bataille. Moi, pas encore.

6 mois plus tard, ils avaient fait de moi un enfant! je n'étais plus un voleur, un shégué, j'étais B! Ils me demandent si je voulais aller à l'école; j'ai accepté.

Aujourd'hui, j'ai reçu mon bulletin et maman est drôlement fière de moi. Je suis premier de ma classe! je m'appelle B, je suis un enfant, je vais à l'école et je suis premier de classe sur 31 élèves...."

C'était en 2013. Aujourd'hui, Benjamin a terminé ses primaires! Brillamment. En septembre, il rentre en secondaire. On est fier de toi Benjamin! Après l'enfer de la rue, tu es un exemple pour tous.

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11:15 Écrit par "Simba mosala" "Mets-toi au travail" en lingala | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |